Qu'est ce que le vol ?

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C'est à la suite de la réflexion suivante « Par contre, copier [,si ce n'est pas voler,] c'est parfois contrefaire, et c'est pas plus glorieux »[1] qu'il m'a semblé opportun d'exposer mon analyse de ce qu'est le vol d'informations.

Avant de parler de vol d'informations, attardons nous d'abord à comprendre ce qu'est le vol.

Sommaire

Le vol

Ce qu'on appel couramment le vol, c'est le fait de soustraire un objet à son actuel détenteur indépendamment de la détermination de ce détenteur, voir à l'encontre de cette détermination[2]. On prive alors ce détenteur de la possibilité d'utiliser cet objet.

Voler, c'est priver d'un objet l'actuel détenteur de celui-ci, hors de sa propre détermination.

Or, l'actuel détenteur n'a pas fait jaillir cet objet du néant. Tout au plus l'aura-t-il obtenu en combinant d'autres objets, mais au final, il aura bien fallu à un moment qu'il s'octroie la détention d'objets, c'est à dire qu'il les « vole ».

Évidemment, le détenteur actuel peut l'avoir obtenu avec la détermination du détenteur précédent. Mais cela ne fait que remonter la problématique un détenteur en amont. Elle laisse entière la question de la légitimité des vols initiaux et de leurs recels successifs.

Le vol est quelque chose de naturel[3] et, dans une certaine proportion, de nécessaire. Le vol n'est pas propre à l'humain, mais est pratiqué par tout être vivant. Même les plus élémentaires formes de vie ont besoin de ressources pour subsister.

Les moteurs du vol

Nous disions que tout détenteur[4] d'un objet l'a nécessairement préalablement volé à quelqu'un d'autre. Quand est-il alors de l'objet qui n'est encore détenu par personne ? D'une ressource inexploitée ? Dans ce cas, l'objet est encore à la portée de tous, et le premier qui s'en emparera ne le volera pas à un actuel détenteur, mais à tous les êtres vivants susceptibles d'en avoir besoin[5].

Si un être vivant vol, c'est donc d'abord par nécessité, pour assurer sa survie immédiate. S'il ne s'empare pas de l'objet, il meurt.

Un grand nombre d'êtres vivants vont également voler plus que ce que leurs besoins immédiats nécessitent, pour ne pas se retrouver dépourvu à la prochaine période de pénurie. Cela peu par exemple s'illustrer par le stockage de graisses par l'ours qui la consommera pendant l'hibernation hivernale. Bien qu'il ne s'agit plus de répondre aux besoins immédiats, il s'agit toujours d'assurer la satisfaction de ses besoins. C'est là le fondement de l'économie, et on peu constater qu'il est biologique.

Enfin le vol peut être motivé non-plus par la satisfaction de besoins, mais par la satisfaction de désirs; c'est à dire d'objectifs dont la réalisation ne sont pas nécessaires à la survie du voleur (ou de son espèce).

Dans les deux premiers cas, dans l'hypothétique situation où la rétention de l'objet est faite au détriment de la survie d'autres êtres, l'instinct de survie et le principe de sélection naturel font du vol un acte naturellement légitime[6]. Cela étant, les ressources disponibles sur Terre, bien que limitées, sont vastes. Aussi, si manger une pomme est assurément priver tout autre être de la manger, cela ne signifie pas nécessairement que notre intervention privera qui que ce soit de manger à sa faim. D'autant que si chaque être doit s'accaparer au moins un minimum de ressources pour satisfaire ses besoins, répondre de manière excessive à un besoin aura également des conséquences néfastes, pouvant aller jusqu'à la mort (de l'individu ou de l'espèce). Cela peut se manifester directement, comme le fait de manger jusqu'à littéralement s'exploser la panse, ou indirectement par exemple en détériorant de manière irréversible l'environnement dont on est dépendant.

Dans le troisième cas, où l'on utilise une ressource pour la satisfaction d'un désir, nous ne sommes plus dans un contexte de nécessité à la survie. On ne peut donc plus invoquer une légitimité naturelle dans le fait de voler. Tout du moins, pas tant que tout autre être existant, ne représentant pas une menace à sa propre survie, n'a pu satisfaire ses propres besoins et donc assurer sa survie. Si tel était le cas, alors dans ces circonstances toutes les ressources restantes non-usités ne serviraient à personne. On pourrait donc les utiliser sans que cet acte représente une nuisance pour qui que ce soit.

Les objets du vol

L'objet du vol est à priori le moyen de satisfaire l'attente qui motive à voler. On volera une pomme pour satisfaire sa faim. Cependant la satisfaction du besoin sera rarement la seule conséquence du vol, en raison des caractéristiques de l'objet volé.

En effet selon ces caractéristiques les conséquences de la monopolisation du bien différeront. Nous allons voir ces caractéristiques et leurs conséquences respectives.

Exclusivité et inclusivité

On est sans doute plus coutumier avec la notion d'exclusivité d'un objet que de d'inclusivité, car les entraves sont bien plus remarquable que les possibilités qui s'offrent à nous.

Un objet est exclusif lorsque son utilisation par un être, exclus la possibilité pour tout autre être de l'utiliser au même instant.

Le lecteur aura comprit qu'inversement un objet est inclusif lorsque son utilisation par un être inclus la possibilité pour tout autre être de l'utiliser au même instant.

Remarquons que dans ce dernier cas il n'y a pas de vol possible, du moins si l'on s'en tient à la définition que nous avons posé.

Lorsque qu'un être vie, il monopolise la matière et l'énergie dans et par laquelle il s'incarne ainsi que certaines dimensions[7] de l'espace que celles-ci occupent : ce sont là des acte d'exclusion, personne d'autre ne peut utiliser ces même matières, énergies et ces mêmes dimensions de l'espace pendant qu'il l'utilise pour être. Et il peut étendre l'exclusion au-delà de son être en s'accaparant des matières ou de l'énergie qui lui son extérieur.

Mais l'être vie également à travers le temps dont rien – pour autant qu'on puisse expérimenter – ne saurait s'exclure. Le temps est un objet inclusif, il est partout et par tout (ou, dit autrement, tout est par lui). On ne peut voler du temps, tout au plus peut-on :

  • se prolonger dans le temps (augmentation de l'espérance de vie) ;
  • faire aboutir le temps passé à une activité par une première personne à un monopole matériel pour une seconde.

Mais cela n'induit pas la monopolisation du temps où l'on vie. Soit du temps est disponible pour tous, soit tout cesse.

Les objets inclusifs ne pouvant être volé, nous ne traiterons pas ici plus en avant leur cas, et nous allons nous concentrer sur les autres caractéristiques des biens exclusifs.

Coopération et rivalité

Seuls les objets exclusifs peuvent être sujet de coopération ou de rivalité qui sont deux types de vols distinct.

Notons que certains économistes ont inventés la notion de « bien (objet) public » définie comme « non-exclusif » et « non-rivale ». Commençons par expliquer ces notions, en quoi nous les jugerons ici comme absurdes, et en quoi elles différent de l'inclusivité (précédement exposé) et de la coopération (que nous verrons plus loin).

Non-exclusivité

La non-exclusivité serait, de ce qu'en disent certains économistes, l'impossibilité d'empêcher des êtres de voler un objet quand il n'ont pas participé à sa conception.

Ainsi une route qui peut être utilisé sans qu'on puisse empêcher ceux n'ayant pas participé à sa conception serait non-exclusive, ou la sécurité qu'apporterait une armée ne pourrait exclure un citoyen ne contribuant pas à financer la dite armée.

Ce principe de non-exclusivité amène plusieurs question :

  • Comment déterminer qui participe à la conception d'un objet ? Si l'on peut souvent répertorier les êtres directement impliqués, il n'en demeure pas moins que ceux-ci ne pourrait y parvenir sans l'action d'un groupe indéterminable d'êtres indirectement impliqués.
  • Pourquoi les êtres n'ayant pas participé à cette conception devrait être exclus ? Il est évident que les concepteurs du nouvel objet ont eux mêmes volé les ressources nécessaires à la réalisation de l'objet, ils ne peuvent donc critiquer le vol sans critiquer leur propre comportement.
  • Que dire des objets volés dont la conception n'est imputable a aucun être vivant ?

Mais plus important, la non-exclusivité n'existe pas. Plus exactement, un objet non-exclusif est un objet qui n'est détenu par aucun être. On peut mettre des barrages aux routes, et l'armée peut menacer/tuer quiconque refuse de la financer (excluant les victimes de la sécurité qu'elle prétend proposer). La non-exclusivité ne fait en fait que mettre en relief l'absurdité de l'idée de détention d'un objet par un être qui n'est pas entrain de le monopoliser.

La non-exclusivité n'est pas plus propre à une route publique qu'à une maison privée : quand personne ne l'occupe, rien n'empêche quiconque de l'utiliser. Si un être à le potentiel de monopoliser un objet et la détermination de le faire, il réalisera effectivement cette monopolisation sauf si quelque chose l'en empêche, l'en exclu. Si l'on suppose qu'il en a effectivement le potentiel, il faut que ce soit quelque chose d'extérieur à lui même, un autre être. Nous pouvons alors nous demander quelles sont les actions que cet autre être peut réaliser qui empêcherait le premier de réaliser la monopolisation de l'objet.

Le plus évident est qu'il est lui même déjà entrain de monopoliser l'objet et qu'il peut repousser le premier être, ne pas le laisser accéder à l'objet. Un second moyen est que le second détruise le premier. Un troisième moyen, dont le second n'est en fait qu'un cas particulier, est que le second être modifie le premier, de tel sorte que le premier perde son potentiel ou sa détermination à monopoliser l'objet. Mais même dans ces cas, l'objet ne serait sujet d'exclusion que si le second être continuait à le monopoliser, sans quoi d'autres être pourraient toujours venir s'emparer de l'objet laissé sans « exclusivateur ».

Évidemment, les phrases précédentes sont flous de par le concept de potentialité. Si le premier être à le potentiel de monopoliser l'objet, alors par définition rien ni personne ne devrait pouvoir l'empêcher de le faire. Soit il en a le pouvoir, soit il ne l'a pas, soit on ne sais pas. Dans ce dernier cas on peut au mieux déterminer sa probabilité d'y parvenir d'après ce que l'on sais, et c'est bien cela qu'on signifie généralement, et en particulier ici, par potentiel.

Cette précision faite nous pouvons conclure de notre réflexion qu'un objet n'est sujet d'exclusivité que s'il est actuellement monopolisé.

D'autre part l'inclusivité que nous avons présenté défini des objets qui existent indépendamment des êtres qu'ils englobent, la non-exclusivité présente des objets dont l'existence serait imputable à des êtres qui devrait jouir d'une exclusivité sur ces objets mais qui sont incapable de les monopoliser.

L'inclusivité est donc un concept complètement distinct de la non-exclusivité.

Non-rivalité

La non-rivalité, elle, serait la situation où le vol d'un objet par un être n'empêcherait pas d'autres êtres de le voler au même instant, autrement-dit où le vol est non-concurrent.

Par exemple, l'utilisation de la lumière d'un phare par un bateau n'empêche pas un autre bateau de l'utiliser en même temps ou encore le fait de respirer ne prive pas les autres êtres d'oxygène.

Mais il s'agit là d'une illusion, en réalité, la lumière et l'oxygène sont bien rivales. La quantité de lumière volé par les bateaux est trop petite pour que cela impacte l'utilité pour d'autres bateaux, mais avec suffisamment de bateau empilés les uns sur les autres (ou des bateaux assez gros), la lumière du phare serait toute entière capté par les bateaux les plus proches du phare. De même, avec suffisamment d'être volant simultanément l'oxygène de l'air, on arriverait à une asphyxie générale. L'illusion de la non-rivalité repose sur une quantité d'objets rivaux si importante, que les effets de la concurrence ne sont jamais exprimés.

En terme plus formel si on note <math>q_t</math> la quantité d'objet totale, <math>q_v</math> la quantité d'objet que tous les êtres vivant en présence ont la capacité de voler et <math>d</math> la différence des deux précédent on a :

<math>d = q_t - q_v</math>

Si <math>d</math> est un nombre extrêmement grand, on aura l'illusion que l'objet est non-rival, sa pénurie n'arrivant jamais.

Mais on vois bien que si <math>q_t</math> diminue significativement ou <math>q_v</math> augmente dans une proportion suffisamment importante, <math>d</math> tends vers 0, c'est à dire que les effets de la concurrence entraînent de plus en plus de difficultés au vol.

Coopération

Dans une démarche coopérative, les objets deviennent utiles à travers des vols successifs. C'est le fonctionnement de tout écosystème, où le vol et la transformation d'un objet par un être, permettra à d'autres êtres de voler à ses premiers des objets auxquels ils n'aurait pas pu accéder sans les précédents vols.

Ce genre de vol peut mener à des dépendances circulaires, qui nécessitent que des vols s'effectuent régulièrement dans des proportions stables.

L'utilité du vol

Comment donc un être détermine la priorité entre sa propension à monopoliser des ressources et celle à en laisser pour d'autres êtres ? Autrement dit, quels sont les fondements biologiques des politiques de gestion des ressources ?

D'abord il est évident que tout être est physiquement limité dans ses actions, et en conséquence qu'il n'aura matériellement pas les moyens de monopoliser plus d'une certaine quantité de ressources. Cela représente une première barrière infranchissable à toute propension à monopoliser.

La plupart des êtres une fois leurs instincts de satisfaction des nécessités immédiates satisfaites, voir au plus ceux de faire quelques réserves pour les satisfaire ultérieurement, vont naturellement cesser de chercher à monopoliser d'avantage.

Le fait que la plupart des êtres vivants suivent une telle politique s'explique très bien dans le cadre de la théorie de l'évolution, quand on sais que la plupart des êtres vivant ont des relations d'interdépendances. Si un être consomme tant qu'il ne laisse pas suffisamment de ressources aux êtres dont il est directement ou indirectement dépendant, il entraîne sa propre fin. Par exemple une lionne qui tuerait toutes les gazelles à sa porté pour se les accaparer comme repas, au lieu de s'arrêter une fois rassasié, risquerait de faire disparaître tout le troupeau et de n'avoir plus rien à manger du tout.

Mais tous les êtres vivants n'ont pas de politiques innés qui sont viable sur le long terme. Un virus qui fait disparaître les espèces à même de lui servir d'hôte en est un exemple.

Chez les êtres les plus primaires (cellules), la politique d'action est tout entière incluse « en dur » dans le code génétique[8]. Aussi elle ne change qu'à l'occasion de mutations génétiques.

Des avantages d'un tel stockage de la politique sont :

  • sa transmission très fiable aux nouvelles générations[9] ;
  • tant que l'environnement ne change pas, le même comportement reste adapté ;
  • réactivité très performante face aux problèmes dont le code génétique contiens une réponse approprié ;
  • le faible risque de faux positif entraînant une réaction inapproprié.

Des inconvénients en sont :

  • manque d'adaptabilité du comportement face à l'évolution de l'environnement ;
  • la faible probabilité de réaction approprié face à des problèmes pour lesquels le code génétique ne contiens pas à coups sûr une telle réponse du fait de la sélection naturelle ;
  • l'incapacité à tirer avantage d'une expérience vécue.

De nombreux êtres vivants plus complexes ont la capacité de moduler leur comportement face à une situation qu'ils ont déjà rencontré. Ainsi leur politique d'action n'est plus pleinement dicté par leur instinct, l'expression de leur code génétique, mais fait également appel à l'expérience acquise pendant la vie de l'individu.

Des avantages en sont :

  • une meilleur adaptabilité au changement de l'environnement ;
  • une meilleur réactivité face à des situations déjà vécus.

Des inconvénients en sont :

  • la difficulté, voir l'absence totale, de la transmission de la politique ainsi acquise ;
  • un risque augmenté de réaction moins approprié via un faux positif de situation connue, comme le résume l'adage « chat échaudé craint l'eau froide ».

Tous les êtres ne vont pas voler pour assurer leur propre survie immédiate, nous l'avons déjà dit. De plus certains êtres vont stopper leur vol afin qu'une quantité d'objet utile à d'autres puisse être volé.

Parmi les mécanismes qui peuvent expliquer un tel comportement on peut citer :

  1. la survie de l'espèce ;
  2. le bénéfice par rétro-action ;
  3. l'empathie pour l'autre.

Encore une fois ces mécanismes peuvent s'expliquer d'un point de vu évolutionniste.

Le premier est évident, si un être ne fourni pas de quoi subsister à sa descendance, sa ligné disparaît.

Le second est encore assez clair, des comportements qui sur l'instant peuvent paraître désavantageux pour un individu, peuvent s'avérer bénéfique ultérieurement dans sa vie. Cela favorise donc le maintien de l'existence de tels êtres.

Le troisième n'est finalement qu'un cas particulier du second. Reconnaissant dans la douleur d'un autre individu le potentiel de sa propre douleur, un être peut chercher à diminuer la douleur de l'autre. En cas de réciprocité, les êtres engagés dans ce type de relations vont donc favoriser leur survie par ce qu'on peut nommer de l'entre-aide.

Le cas des informations

Après cette analyse sur ce qu'est et sur ce qui motive le vol, attardons nous maintenant à ce qu'est et ce qui motive le vol d'informations.

Nous rentrerons pas ici dans les détails de ce qu'est une information, précisons simplement que par information on désignera ici toute idée, savoir, connaissance, œuvre, ou autre objet virtuel susceptible d'être codé d'une manière ou d'une autre dans de la matière[10].

En revanche nous commencerons par énumérer les propriétés qui caractérisent tout type d'information.

Les caractéristiques d'une information

Inclusivité

Une information, contrairement à un objet physique, est inclusive : son utilisation par une personne autorise son utilisation simultanée par quelqu'un d'autre.

Il faut bien distinguer l'information en tant que telle de sa manifestation physique.

Alors que l'objet physique est exclusif en lui même, l'utilisation d'information n'est limité qu'indirectement, par les objets physiques que nécessitent la réalisation de sa manifestation.

Prenons l'exemple du tourne-vice. Si quelqu'un utilise un tourne-vice, personne d'autre ne peut utiliser ce même tourne-vice au même moment. En revanche, tout le monde peu utiliser des copies conformes du même tourne vice.

Mais la conception d'un tourne-vice a un coût : il faut par exemple du métal, de quoi le faire fondre, le mouler, le temps et les compétences pour le réaliser.

Ne nous y trompons pas, même la reproduction de l'idée de tourne vice d'un esprit à un autre à un coût. Il faut pour cela des neurones où seront physiquement stockés les concepts, un langage et du temps pour les communiquer ainsi que les exercer pour bien les assimiler.

La duplication d'une information à donc toujours un coût en terme d'espace-temps, puisqu'elle consiste à reproduire un objet de l'espace temps, fut-ce une idée, à un autre lieu-moment de l'espace temps. Mais ce coût est très variable, échanger des idées à un coût dérisoire, tandis que bâtir la copie tangible d'une cathédrale dont on a les plans prendra énormément de temps et de ressources.

Mais le coût, minime ou gargantuesque, de reproduction d'une information ne modifie en rien son caractère inclusif.

Créer la copie d'une cathédrale existante pour y donner des concerts de hard-rock demandera effectivement beaucoup de temps et de ressources, mais cela ne fera pas disparaître l'originale et n'empêchera pas qu'on y continue à psalmodier dans le plus grand calme possible.

Copier les idées de décoration floral du voisin demande quelques ressources matériels (terreau, graines, engrais, etc.) ainsi que du temps pour entretenir les plantes et acquérir les compétences botaniques sous-jacentes (peut être en discutant avec le voisin). Mais en aucun cas cela ne fera disparaître ses fleurs.

Ré-interpréter une chanson qu'on apprécie peu demander une quantité plus ou moins modeste de ressources matériels (instruments, partitions, etc.) et de temps d'apprentissage (solfège, pratique de l'instrument, répétitions, etc.), ou pas grand chose (chanter sous la douche). Mais en aucun cas cela ne retirera la capacité d'interprétation et de compositions de ceux qui nous ont fait découvrir l'œuvre.

La copie numérique de fichiers demande quelques ressources matérielles (ordinateurs, électricité) et plus ou moins de temps selon les débits et la taille des fichiers concernés. Mais elle ne prive en rien l'utilisateur initiale de l'utilisation des fichiers.

Rivalité

Une information, contrairement à un objet physique n'est pas nécessairement rival : son utilité ne décroit pas forcément à mesure que le nombre de personnes qui l'utilisent augmente.

En effet, augmenter le nombre de personnes aillant accès aux informations nécessaires pour apprendre à lire ne décroit pas l'utilité de ces informations.

Tout comme pour l'exclusivité, la rivalité d'une information n'existe qu'indirectement, par la rivalité des objets physiques que nécessitent la réalisation de sa manifestation.

Quand un objet physique est présent dans une quantité extrêmement abondante – tant que la pénurie est hors d'atteinte pour les individus à qui elle est utile – l'économiser revient à se poser des contraintes inutiles, voir inutilement néfastes. En effet, l'économie est là pour pallier aux problèmes que pose les limites physiques, et ne légitime le fait de poser des contraintes virtuelles que pour atténuer les effets néfastes de ces contraintes.

Un ours qui stocke de nombreuses graisses pendant l'été le fait pour survivre à la pénurie de nutriments que représente l'hibernation hivernal. Si l'hivers devenait plus clément et abondant en nutriments que l'ours est à même de digérer, son modèle économique deviendrait obsolète.

Les mammifères marins comme la baleine et le dauphin stockent plus d'air qu'il ne leur faut pour tenir dans les secondes qui vient. S'ils pouvaient utiliser l'oxygène présent dans l'eau, comme les poissons, cette économie deviendrait superflue.

L'air est un bon exemple pour comprendre la notion de rivalité. La quantité d'air[11] dans le monde, bien qu'abondante, est limitée. C'est un objet exclusif, puisque si quelqu'un respire de l'air, il n'expire pas des gaz aussi propres à être respirés par lui même. Enfermer des êtres dans une pièce hermétiquement close et ils mourront sous peu. C'est parce que les gaz suivent un cycle que nous ne mourront pas tous étouffé de la même manière sur notre planète hermétiquement close de l'espace.

C'est ce recyclage additionné à l'abondance qui fait de l'air un bien non-rival. S'il n'était pas si abondant et ne suivait pas un cycle perpétuant cette abondance, l'accès à l'air deviendrait rapidement pour les êtres qui en dépendent un motif de conflit comme tout les biens exclusifs rares nécessaire à la survie.

Du fait que l'air est en quantité limitée, il reste un objet rival. Si la quantité d'air respirable diminuait drastiquement, chaque être devrait se préoccuper de s'en accaparer. Mais virtuellement elle est un bien non-rival, tout au moins dans ce qu'il nous ai donné d'observer à notre échelle. On a jamais vu deux loups rivaliser pour une bouffé d'air comme ils le feraient pour une chèvre.

Aussi, l'information est en cela semblable à l'air. Elle résulte de l’interaction de tous les être vivants tout en étant vitale pour chacun d'eux. En effet, pour survivre il faut savoir réagir efficacement à son milieu pour prolonger son existence, ce qui implique de traiter l'information provenant du milieu où l'on évolue.

Sujet

Une information à un sens et traite d'un sujet.

On peut caractériser l'information en fonction de la nature du sujet. Une catégorisation possible est la suivante :

  • personnelle : qui concerne un individu en particulier ;
  • impersonnelle : sujet qui ne traite pas d'individus, où le fait de manière générale sans s'attacher à des personnes précises ;
  • public : information accessible à tous, indépendamment de la volonté de chacun ;
  • privé : information qui n'est connu que du seul individu concerné et des personnes à qui il la confie en demandant de ne pas la laisser s'échapper dans la sphère public.
Exemples d'informations cataloguées selon les pôles proposés
L'information est publique privée
personnelle
  • le nom et le visage d'une personne
  • l'orientation sexuelle d'une personne
  • l'état de santé d'une personne
  • la couleur des dernières selles d'une personne
impersonnelle
  • une théorie mathématique publiée
  • une chanson publiée
  • une théorie mathématique écrite nul part et jalousement gardé par une cabale mathématicienne

Valeur

Les répercussions d'une information, et donc sa valeur dépendent de son contexte d'interprétation. Plus précisément, l'information est le résultat de l'interprétation de données.

Prenons l'exemple des numéros gagnants d'une loterie. Après le tirage, ils deviennent accessible à tous, mais n'ont plus beaucoup de valeur. Si on vous les propose à ce moment ils ne vont intéresseront pas (sauf si vous avez joué). Mais si on vous les propose avant le tirage, l'information aura pour vous autant de valeur que ce que vous attachez au gain de la loterie. Mais, si on divulgue les numéros gagnants avant le tirage publiquement, l'information aura bien moins de valeur. Dans tous les cas on a pourtant les même données, une suite de nombre correspondant aux numéros gagnants, seul le contexte change.

De la même manière la rareté d'une information privée peu en faire toute sa valeur. Si tout le monde connaît le moindre détail de votre intimité, vous disposez d'une piètre qualité de vie.

D'autres informations voient leur valeur augmenter avec leur diffusion. C'est le cas d'une langue ou d'un système d'écriture par exemples.

Les voleurs d'informations

Si l'on se contente d'écouter les propos tenus dans les media bénéficiant actuellement de la meilleure visibilité [12] [13] les personnes qui volent de l'information sont toutes trouvées, ce sont les contrefacteurs, les « pirates », etc.

Qu'entendent généralement des personnes qui clament qu'on leur a volé une idée, une œuvre, une recette, etc. ? Elles expriment là leur mécontentement au fait qu'une autre personne est utilisée, copiée ou diffusée publiquement cette information, sans leur consentement.

Reprenons notre définition du vol :

Voler, c'est priver d'un objet l'actuel détenteur de celui-ci, hors de sa propre détermination.

Quand quelqu'un utilise, copie, diffuse une information, il ne s'en prive ni lui même, ni ses autres détenteurs. Il peut cependant par ce fait modifier le contexte de façon suffisante pour que cela modifie la valeur de l'information de manière perceptible.

Les personnes qui s'estiment spoliées par l'usage que font d'autres d'une information sur laquelle ils réclament une relation singulière, ne sont en réalité jamais privées de cette information. C'est la modification de la valeur de cette information du fait du changement de contexte qui les irrite. Autrement dit, elles expriment leur mécontentement à ne pas contrôler les agissements des autres.

Or nous avons vu que cette valeur ne varie pas de la même manière selon qu'elle soit privée ou publique, personnelle ou impersonnelle. S'il paraît raisonnable de donner à un individu les moyens de conserver l'intimité nécessaire à son bien être par le contrôle des informations personnelles et privées qui le concerne, offrir un tel contrôle sur d'autres types d'informations paraît bien plus discutable.

Car s'il y a effectivement vol dans toutes ces proclamations, c'est celui de la liberté d'agir, d'utiliser de l'information, de s'exprimer, que certaines personnes se démènent à réaliser.

Et là autant dans le vol d'objets physiques il y a l'acte honteux, mais nécessaire et justifiable dans la limite de ses besoins, de priver son prochain d'un bien fini, concurrent et dont la multiplication est coûteuse (en temps, matière ou énergie), autant dans le partage d'information il n'y a pas de telle justification (en dehors des informations personnelles et privées nécessaires au bien être).

Le fait que tout le monde, dont d'éventuels auteurs, n'est pas de quoi subvenir à ses besoins, parce les moyens matériels sont mal répartis est une affliction.

Le fait de faire des produits de mauvaise qualité en tentant de les faire passer pour un autre produit de bonne qualité, est une affliction. Mais c'est là un problème de traçabilité et de respect des normes, de sécurité des utilisateurs finaux des produits.

Le fait de détruire des produits non-« originaux » vendus en tant que tels à des personnes informées sur ce fait et sur leurs qualités (quelle qu'elle soit), est également une affliction. Car c'est un inutile gâchis de produits manufacturés et de ressources utilisées pour la traque de ces produits.

Voler une marque, c'est empêcher son utilisation par qui que ce soit d'autre. Les seuls qui volent des marques, ce sont bien ceux qui les « déposent ».

Voler une invention, c'est empêcher son utilisation par qui que ce soit d'autre. Les seuls qui volent des inventions, ce sont bien ceux qui les « brevettent ».

Voler une œuvre, c'est empêcher son utilisation par qui que ce soit d'autre. Les seuls qui volent des œuvres, ce sont bien ceux qui les « copyrightent ».

Notes et références

  1. http://linuxfr.org/comments/1092553.html#1092553
  2. Le terme détermination peut ici aussi bien être appliqué à la notion de volonté animée d'un libre arbitre qu'à celle d'instinct mécanique génétiquement préprogrammé. Quant à la question de savoir ce qu'est un détenteur, c'est à dire un être vivant, nous ne l'aborderons pas ici.
  3. C'est à dire qui se produit naturellement, ce qui ne dénote ici aucun jugement de valeur morale, mais un simple constat.
  4. Qu'il soit humain ou pas donc. Il n'y nul besoin de se limiter à une vision anthropocentrique du monde dans notre réflexion.
  5. Car un même objet peu s'avérer une ressource indispensable pour une forme de vie donnée et un élément dont le seul contact est mortel pour une autre
  6. Encore une fois, sans jugement de valeur morale. Nous ne faisons pas ici d'hypothèse sur le caractère bienveillant ou cruel de la nature.
  7. En effet quelques particules peuvent parfaitement coexister dans le même espace qu'un être.
  8. Du moins si vous adoptez le point de vue du matérialisme mécaniste.
  9. Dans des conditions où le nombre de mutations reste assez faible évidemment. Si l'environnement augmente le nombre de mutations, comme par exemple une forte radiation, la fiabilité de transmission de l'information génétique décroit.
  10. Le mot matière est là pour simplifier le propos. Une information est plutôt codé dans l'espace-temps. Pensez au code morse par exemple, où la durée d'un bip est significative. De plus l'information peut se présenter sous forme d'énergie pure. Pensez à la lumière d'une étoile qui nous renseigne, entre autre, sur la distance qui la sépare du point d'observation. Vous penserez également au fameux <math>E=mC^2</math> qui relient matière et énergie.
  11. C'est à dire de gaz respirable, ce qui est relatif à l'être qui respire. Les proportions d'oxygène et de dioxyde de carbone vitales pour un être peuvent être mortel pour un autre.
  12. C'est à dire, étant donnée l'organisation actuelle de notre société, les media ayant l'avale de gouvernements élito-centristes et qui fort probablement ne font que relayer leur propagande. Les « élites » étant ici des hauts-fonctionnaires et autres PDG de transnationales. Une technocratie ou tout autre forme d'élito-centrisme ne serait sans doute pas plus bénéfique au bien commun.
  13. Cela ne veut pas bien entendu dire que les messages véhiculés par des media jouissant d'une moins bonne visibilité sont nécessairement les porteurs de vérités que l'on peut se permettre de croire telles quelles. Dans tous les cas il faut savoir garder un esprit critique sur les propos que l'on nous tient. Le lecteur est bien entendu invité à faire preuve du même esprit critique sur le présent texte.

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Cette œuvre est basée sur une œuvre originale sous licence art libre.

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Auteurs de l'œuvre originale : psychoslave

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